Musées et art

Amateur d'absinthe, Pablo Picasso, 1901

Amateur d'absinthe, Pablo Picasso, 1901

Amateur d'absinthe - Pablo Picasso. 73x54

Le 20e siècle, conjugué au progrès technologique, à la liberté individuelle, aux guerres les plus sanglantes et à la démocratie, a apporté la solitude et l'isolement. L'incarnation de cet état de vide et d'agitation est ce travail.

Une figure sèche et cassante, se serrant les mains pour se fermer complètement du monde, est plongée dans des illusions inspirées d'une teinture d'absinthe. Dans ses rêves, l'héroïne se sent à l'aise. La clé d'un retour à la réalité est un verre de fées à moitié vide. Les longs doigts minces du modèle, comme les tentacules d'une créature fantastique et surnaturelle, entourent le visage et l'épaule. Elle est elle-même comme une hallucination, floue et variable. Dans un regard, il n'y a ni pensée, ni pensée, ni raison. Contemplation tranquille, vide de sens, éphémère, provoquée encore et encore par de nouvelles portions d'absinthe.

Après un examen attentif, il est évident que l'héroïne se préparait pour une visite dans un café: une boucle affectueuse tombe sur son front, des traces de maquillage sont à peine visibles sur son visage. Qu'Est-ce que c'est? Espoir timide pour un changement de vie? Moeurs? Il est impossible de répondre sans équivoque.

Un sourire à peine perceptible se devine sur le visage jaunâtre. L'héroïne se sent à l'aise dans ses illusions ivres. En même temps, une certaine tension se devine dans l'œuvre.

La solitude de l'héroïne est partagée par un verre avec une potion verdâtre et un siphon bleu. Le miroir sur le mur reflète le monde multicolore à partir duquel la femme a si résolument clôturé.

La palette de couleurs de l'œuvre est très contrastée. Bleu-bleu se bat avec orange-brun. Un monde d'illusions avec la réalité. Les lignes de la figure sont claires, contrastées. L'environnement de la figure est légèrement flou, le spectateur le voit à travers les yeux de l'héroïne. Un jeu similaire avec l'espace crée l'illusion de la double présence de l'héroïne.

Sur le plan de la composition, le verre et le siphon avec de l'eau suivent le contour de l'héroïne. Ils sont comme les deux faces d'un même, inextricablement liés. De telles relations associatives caractérisent de façon vivante l'ensemble du travail de l'artiste.

L'atmosphère de l'image est saturée d'un sentiment de lutte entre la réalité et les illusions. La tragédie de la situation est que les illusions tuent la réalité, et la conscience de l'héroïne sera bientôt incapable de supporter la réalité, faisant finalement un choix en faveur de visions fantastiques qui détruisent la capacité de penser, d'apprécier et de vivre.

La position de l'auteur est clairement définie - anxiété et incertitude. Ces deux sentiments, si caractéristiques d'un homme du XXe siècle, sont présentés au spectateur dans l'intrigue abstraite de l'une des œuvres les plus expressives et concises du grand maître.

Voir la vidéo: Henri de Toulouse-Lautrec (Septembre 2020).